La harpe au 20è s
Harpe chromatique
Le problème de jouer des chromatismes se posa dans les parties de harpe à l'orchestre dans des œuvres de Richard Wagner, Gabriel Fauré, Richard Strauss qui en utilisèrent de plus en plus. En 1894, deux célèbres harpistes, Alphonse Hasselmans et Félix Godefroid, présentèrent le problème à Gustave Lyon, directeur de l'entreprise Pleyel.
Celui-ci construit alors une harpe sans pédale, à double rangée de cordes croisées.
Un rang de 46 ou 48 cordes contenait les notes diatoniques, les Do colorés en rouge, les Fa en bleu.
Ce rang allait du côté droit de la console au côté gauche de la table d'harmonie.
Le second rang était constitué de cordes noires rassemblées deux par deux (Do#, Ré#) ou par trois (Fa#, Sol#, La#)
comme les touches noires du piano. Le harpiste jouait à l'endroit où les cordes se croisent.
Cette harpe fut construite en 1894, fut particulièrement célèbre en France et en Belgique et fut
enseignée au conservatoire de Bruxelles jusqu'en 2005.
Malgré le fait que cette harpe pouvait jouer tout le répertoire du piano et résolvait des problèmes de chromatisme,
elle avait des inconvénients. Le nombre de cordes (78)
engendrait des problèmes de tension sur l'instrument. Les luthiers en ont donc construit en métal,
mais elles étaient alors très lourdes. Par ailleurs, l'espacement des cordes était si minime qu'il était difficile de les jouer sans les entrechoquer. De plus, les glissandi sont impossible sur cette harpe !
L'œuvre la plus connue écrite pour cet instrument est Danses sacrée et profane (1904) de Claude Debussy, commandée par Gustave Lyon lui même pour mettre en valeur son instrument.
Environ 930 instruments furent construits jusqu'en 1930, puis la fabrication de la harpe chromatique s'arrêta.
C'est le principe de la harpe à double mouvement de Sébastien Erard qui est utilisé aujourd'hui et qui continue d'être perfectionné par les luthiers.
Pour en savoir plus sur la harpe chromatique, visitez ce site : Vanessa Gerkens, harpiste féérique
La harpe actuelle
A la fin du 19ème siècle, de nombreuses harpes européennes furent importées aux Etats-Unis. Les harpes, soumises à des changements brutaux de température et d'hygrométrie, ne s'avérèrent pas très résistantes. L'entreprise Lyon & Healy (vente d'instruments de musique, basée à Chicago) fut amenée à construire ses propres harpes et améliora le mécanisme. Les tringles des pédales furent enfermées dans des tubes dans la colonne, ce qui rend leur mouvement plus aisé et moins bruyant, le mécanisme d'action des fourchettes fut enfermé entièrement entre les deux plaques de la console. Des harpes de concert furent construites, contenant une table d'harmonie large pour amplifier les basses et les 47 cordes. Les luthiers s'efforcent de rendre leurs harpes plus fiables, plus légères et plus faciles à entretenir.
| Victor Salvi, en Italie, prend la relève d'Erard.
Il désire créer une harpe fiable et qui vieillit bien. Il change les méthodes de fabrication,
ce qui lui permet une égalité de la qualité d'un instrument à l'autre. Il utilise les bois et les techniques d'ébénisterie de l'Italie du Nord et la mécanique Suisse, très précise. Grâce à cela, les harpes Salvi ont acquis une réputation mondiale. Harpe Diana de chez Salvi |
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La société CAMAC, fondée en 1985 par Joël Garnier, d'abord spécialisé dans la fabrication de harpes celtiques, tente à son tour de perfectionner la harpe à pédales.
Il étudie toute l'évolution de la lutherie et travaille en collaboration avec des harpistes.
En 1996, il crée les harpes Nouvelle génération.
De nombreuses modifications ont été réalisées sur cette harpe :
- Un écart plus régulier des cordes, ce qui est un retour aux sources et à l'ergonomie des harpes Erard.
- Une légèreté de l'instrument, grâce à l'apport de nouveaux matériaux, alliages légers pour la mécanique, fibre de carbone pour la colonne, pouvant donner des harpes de concert avec table large de 32 kg.
- Un plan des cordes baroque (qui rayonne, gardant à la main une position plus naturelle et donnant plus d'espace à la main droite dans les aigus).
- Une simplicité de la mécanique, permettant aux harpistes d'être autonomes vis-à-vis de l'entretien et des dépannages de leur instrument.

Ces harpes, très vite appréciées par de nombreux harpistes, sont jouées dans le monde entier. La société CAMAC,
aujourd'hui dirigée par Jakez François, est toujours à la recherche de perfectionnements possibles.
Harpe Atlantide Camac





